Skip The Use retourne l’Aéronef
Le 18 janvier 2023, Skip The Use et Dedhomiz ont régalé l’Aéronef de Lille! Grâce à Skip The Use, joie et bonne humeur étaient au rendez-vous ce mercredi 18 janvier 2023 à l’Aéronef. Retour sur une soirée mémorable dans la capitale des Flandres ! Dedhomiz Déjà présents sur 9 dates du Human Disorder Tour de Skip The Use en 2022, Dedhomiz ouvre à nouveau le bal à l’Aéronef. Ce n’est cependant pas notre première avec ce duo roubaisien puisque nous les avons découverts lors de leur passage au Main Square 2022. C’est donc une soirée 100% nordistes qui se profile ! Premier constat, en quelques mois, Dedhomiz – contraction de Dead Homies – a pris de l’assurance. Car si Enzo a toujours autant la tchatche, Youv, lui, apparaît clairement plus libéré. On pourrait presque croire que si le duo ne versait pas dans la musique, nous aurions à faire à un duo comique. En effet, les deux garçons n’hésitent pas créer du lien avec le public, les mettant dans leur poche grâce à une bonne dose d’humour. Nul doute qu’avec une telle première partie, vous allez vous détendre. Musicalement, le duo n’a pas eu besoin de 30 minutes pour nous embarqué dans son univers teinté de pop et d’électro. Leurs influences diverses font leur force, naviguant parmi les styles musicaux sans se perdre. Quant aux compositions, elles sont fraîches et sublimées par la voix envoutante de Youv. Ecoutez Keep Control et Let It Down et vous ne vous débarrasserez plus de leurs refrains entêtants dignes de titres radiophoniques. Et on a beau l’avoir déjà entendu, leur reprise de Crazy (Gnarls Barkley) …. nous rend crazy ! Tout à fait le genre de groupe que l’on a envie d’écouter pour chiller. Autre point positif, Dedhomiz reste particulièrement humble. En effet, on sent les deux garçons habitués à jouer devant peu de public et ravis de se retrouver face à une salle comble. Nul doute qu’après leur performance à l’Aéronef, ils vont repartir avec de nouveaux fans à leurs actifs. Et qui sait, peut-être reviendront-ils à Lille en tête d’affiche ? Précédent Suivant Skip The Use C’est à guichet fermé que Skip The Use vient défendre Human Disorder (2022). Suite à leur passage au Main Square, le public a pris un sacré coup de jeune. Un bien pour le groupe qui parvient à se renouveler. Un mal pour nos pauvres oreilles non préparées aux hurlements de quelques groupies. Et au vue des conversations, c’est la présence d’Enzo qui y est pour quelque chose. Bien sûr, des fans de la première heure étaient aussi de la partie. Contrairement à l’habitude, ce n’est pas People In The Shadow mais Down qui ouvre le set. Cagoulés, Yan, Nelson et Enzo entrent en scène. Une mise en scène innovante allant de paire avec les paroles « All the faces are dark ». Paroles entonnées par Mat Bastard, lui aussi masqué, du haut du balcon de l’Aéronef. Le refrain résonne quant à lui comme la meilleure des introductions pour un show post pandémie. Show portant d’ailleurs les symptômes de la pandémie. Même en guise de reprise, Skip The Use s’est tourné vers Bad Guy de Billie Ellish. En effet, Human Disorder revient sur les doutes, anxiétés ou la dépression auxquels nous pouvons tous être confrontés. Heureusement, afin de contrecarrer tant de noirceur, nous pouvons compter sur le dansant et porteur d’espoir Nameless World ou l’adorable Cup of Coffee. Le groupe a également demandé au public de se lancer dans un déplacement de gauche à droite en jouant un bout de Give Me Your Life. Evidemment, l’humour de Mat Bastard et les rythmes endiablés permettent de ne pas se focaliser uniquement sur les paroles. Pour nous, assister à un concert de Skip The Use est comme une thérapie ! Ne manquait que Birds Are Born To Fly pour nous combler. Précédent Suivant Ce concert ayant lieu à domicile, il est spécial pour Skip The Use. Car qui dit domicile dit famille. Parmi les fans mais aussi en backstage, le groupe voit donc se réunir familles et amis. Avant d’interpréter Ellipse et Till The End, Mat évoque notamment sa meilleure amie d’enfance. Si elle ne le rejoindra pas sur scène, le chanteur explique que s’il chantera les deux personnages, contrairement à d’habitude, ce soir, elle est quelque part dans la salle. Un peu plus tard, tout comme au Main Square, Anthéa – femme de Mat -, a rejoint le groupe pour interpréter leur dernier single, The One Two. Et parce que chez Skip The Use le terme famille inclus également le public, le groupe n’a pas hésité à faire monter quelques fans sur scène pour Dancing Alone. Après avoir été invités à danser de la façon la plus ridicule possible, ces quelques chanceux se sont vus offert un slam sur She’s My Lady. Portés à bout de bras, tous se sont ainsi baladés d’un bout à l’autre de la salle les 3/4 du morceau. Un moment qui restera aussi bien gravés dans nos mémoires que les leurs. Considéré comme LA chanson des Bastards – fans du groupe -, Bastard Song a également été joué. Et ce, pour notre plus grand plaisir. On retient aussi la prestation de piano voix de Fou ou Misérable depuis le balcon de l’Aéronef. Et oui, Skip The Use aime les bains de foule, et on ne va pas leur reprocher ! Après ce concert de folie, la date prévue au Zénith de Lille le 19 octobre 2022 devrait être Sold Out sous peu. On espère d’ailleurs que cette date sera aussi mémorable que leur premier passage en octobre 2014. Nous y étions, et on se souvient encore de la chenille géante formée en fin de concert. Alors on vous le garanti, on devrait être de la partie ! Et vous, comptez-vous assister au Human Disorder Tour de Skip The Use ? RAINE SUGGESTION D’ARTICLES SUR LE MÊME THEME NEWSLETTER Facebook Twitter Instagram Pinterest Linkedin
« La Femme qui danse » : Marie-Claude Pietragalla fête ses 40 ans de carrière !
Avec La femme qui danse, Marie-Claude Pietragalla offre un spectacle de danse autobiographique. À 59 ans, Marie-Claude Pietragalla reste une danseuse emblématique. Aujourd’hui, elle présente La femme qui danse au Théâtre de la Madeleine à Paris. De danseuse Étoile de l’Opéra de Paris à chorégraphe de sa propre compagnie le Théâtre du Corps (co-fondée avec son mari Julien Derouault), Pietragalla vit la danse comme un art total. Dans ce spectacle d’1h15, elle présente de la danse mais aussi des textes inédits éclairant sa pensée, son ressenti, son expérience et ses sources d’inspirations. Un spectacle autobiographique Un souffle, c’est ce qu’on entend avant que le rideau se lève. Puis, des animations sonores et des projections sur les dorures du Théâtre de la Madeleine transformé pour l’occasion en véritable temple de danse. « Je suis un animal vivant, je suis un animal dansant. » C’est par ces paroles que Marie-Claude Pietragalla commence sa représentation. À travers La femme qui danse, nous redécouvrons le parcours de celle qui fut nommée danseuse étoile à 27 ans sous la direction de Patrick Dupond. De sa révélation pour la danse à l’âge de huit ans devant un spectacle de Maurice Béjart à ses moments père-fille en écoutant de la musique classique en passant par sa formation à l’école de l’opéra de Paris, Pietragalla nous transporte dans son univers. La danseuse revient également sur sa rencontre avec des maîtres prestigieux constituant un moment clé de sa carrière. Parmi les cités : Rudolf Noureev, Mats-Ek, Jerome Robbins, William Forsythe, Roland Petit, John Neumeier, Martha Graham, Ca-rolyn Carlson ou encore Jiri Kylian. Autant de noms qui ont façonné « La Pietra ». Sur scène, elle vole, interagit avec les éléments : feu, air et eau. Elle ne danse pas : elle EST la danse ! Les applaudissements nourris et la standing ovation du public le confirment. Comme elle dit si bien : « La danse est pour moi une pensée au quotidien, une douce dépendance, une nécessité de chaque instant. » Et de conclure par une citation de Barbara : « Ma plus belle histoire d’amour c’est vous » Quelques informations Si La femme qui danse est joué actuellement, il faut savoir que ce spectacle a été conçu il y a 3 ans. Soit avant la pandémie de Covid19 et ses nombreux confinements. Moment où la culture et les arts ont souvent été remis en question. Est-ce que la danse est essentielle ? Après avoir vu Marie-Claude Pietragalla sur scène, on ne peut que répondre : « Oui ». Ce spectacle doit sa mise en scène à Julien Derouault. Il sera joué au Théâtre de la Madeleine jusqu’au 4 décembre 2022. Par ailleurs, si nous vous avons donné envie de voir ce spectacle, vous devez prendre conscience des effets sonores et visuels. En effet, ces derniers peuvent créer des troubles chez les personnes épileptiques. https://youtu.be/DYef-JT_qAU Et vous, avez-vous envie de découvrir La femme qui danse de Marie-Claude Pietragalla ? ELISA SUGGESTION D’ARTICLES SUR LE MÊME THEME NEWSLETTER Facebook Twitter Instagram Tiktok Spotify Linkedin
A la découverte de Colmar
Connue pour sa Foire aux vins, Colmar est surtout une ville magnifique. Suivez nos pas à sa découverte. Lors de notre séjour en Alsace, nous avons eu l’occasion de rester quelques jours à Colmar. Le soir même, nous comprenons que sortir sans appareil photo sera impossible. Le centre est tellement agréable que nous aurions pu y flâner des jours durant sans cesser de capturer des détails. Les maisons à colombages et leurs couleurs. La beauté des ruelles. Les reflets des bâtiments dans la Lauch. Tout est fait pour attirer l’oeil. Et ce, qu’importe le moment de la journée. On apprécie aussi le calme en soirée. Les résidents ayant pour habitude de dîner tôt, après 21h les rues sont toutes à nous. Détails pris au détour de Colmar |©Raine À la découverte de la petite Venise Nous décidons de nous rendre dans le coeur historique de Colmar. Situé à environ 15 minutes à pied de notre logement, nous empruntons plusieurs rues jusqu’à la petite Venise. On en profite pour admirer le décor. Ici, l’ombre d’un réverbère sur le sol. Là, de petites cigognes en peluche trônent dans des arrosoirs. En face, la demeure où résida Voltaire. Tout au long du chemin, des ruelles nous poussent à nous arrêter. Prendre des photos afin que le souvenir reste. Même les marches de la Cour d’Assises du Haut-Rhin sont charmantes. Enfin, nos pas nous mènent jusqu’à la rue Turenne et son pont donnant une vue incontournable sur la petite Venise. En contrebas, deux barques prennent l’eau. Après avoir profité de la beauté du lieu, nous décidons de nous offrir une petite virée sur le canal. Prêts à découvrir la ville sous un nouvel angle, nous nous laissons porter au fil de l’eau en écoutant les indications de notre guide. On a passé un excellent moment ponctué entre détente et pédagogie. Nous avons notamment eu la réponse à la question que nous nous posions tous : pourquoi les maisons alsaciennes sont si colorées ? Tout simplement pour représenter les corps de métiers (bouchers, boulangers,…). À l’époque, même les maisons clauses avaient droit à leur propre couleur : le rose. Lors de cette balade, notre guide nous montre également la demeure d’Auguste Bartholdi. Si son nom ne vous dit rien, il a un point commun avec Gustave Eiffel. Et pas des moindres puisqu’il s’agit de la Statue de la Liberté. En effet, si le nom d’Eiffel est celui associé en pensant à la structure monumentale résidant à New-York, son sculpteur originel n’est autre que Bartholdi. Colmar possède d’ailleurs sa propre réplique en guise de décoration de l’un des ronds-points de la ville. On l’avoue, nous avons fait un petit détour pour l’observer avant notre départ. Balade sur la Petite Venise à Colmar |©Raine A la découverte des spécialités alsaciennes Qui dit Alsace ne dit pas seulement vin mais gastronomie. En grands gourmands, impossible de résister aux spécialités régionales. Dès le premier soir, nous avons profité de la douceur du temps pour manger en terrasse les pâtes régionales : des spaetzle. Le lendemain, on repart avec des bretzels et un kouglof après notre déambulation dans le marché couvert donnant sur la petite Venise. Nous les dégusteront au petit déjeuner le lendemain. Vous me direz, et la choucroute alors ? Remerciez mon père qui, par son envie nous a mené Aux Armes de Colmar. À deux pas de la rue commerçante, ce restaurant propose des spécialités régionales allant des tartes flambées à la choucroute en passant par du jambonneau braisé au munster. Pour ma mère et moi, ce sera cassolette de munster. Pour mon père, une choucroute. Les plats y sont si copieux qu’il nous a été impossible de penser au mot dessert. Comme à notre habitude, nous goutons les plats des uns et des autres, et pouvons certifié que la choucroute comme la cassolette étaient excellents. Côté accueil, le service a été parfait et les serveurs ont même fait preuve d’humour, nous proposant de revenir le soir même. En bref, on vous recommande Aux Armes de Colmar les yeux fermés ! Avant notre départ, nous avons pris le temps de nous arrêter place de la Cathédrale pour déguster une tarte au fromage blanc. On l’admet, on aurait adoré goûter la Forêt Noire, malheureusement, la dernière nous a filé sous le nez. Ce sera donc pour la prochaine fois. Au final, ces quelques jours à Colmar nous auront permis de complètement nous dépayser. Entre les maisons si colorées dont nous avons peu l’habitude dans le nord – ou en Charente Maritime pour mes parents – et des plats réconfortants, le départ fait de la peine. On ne peut qu’imaginer le charme que doit avoir la ville à l’approche de la Saint Nicolas, puis de Noël. Peut-être irons-nous un jour à cette période. Et vous, avez-vous visité Colmar ? RAINE SUGGESTION D’ARTICLES SUR LE MÊME THEME NEWSLETTER Facebook Twitter Instagram Tiktok Spotify Linkedin
Un jour sur trois : le féminicide au coeur d’une enquête
Dans Un Jour sur Trois, Stephane Wegner met en exergue les failles de la justice française autour du féminicide. Un jour sur Trois n’est pas un titre choisi par hasard. Car un jour sur trois, c’est une femme qui meurt sous les coups de son conjoint. Un thème dont s’est intelligemment emparé Stéphane Wegner afin de nous plonger dans l’histoire de Marc Amin, un juge d’instruction en convalescence. Mise en avant des femmes Bien que derrière Un Jour sur Trois se cache un homme, le roman s’inscrit en véritable allié du féminisme. En effet, par le biais de son personnage féminin, Elena, Stéphane Wegner parvient à aborder des sujets particulièrement intéressants. Ainsi, il met en avant le fait que l’autrice d’articles de vulgarisation cherche systématiquement à mettre en avant le rôle des femmes dans la recherche scientifique ou les avancées technologiques. Un point qui nous parle d’autant plus que de nombreux travaux réalisés par des femmes ont été volés par leurs confrères masculins. Ici, Elena choisi cependant un tout autre angle : le manque de présence des Femmes dans les manuels éducatifs. Ainsi, Un jour sur Trois évoque la place infime et la minimisation des travaux réalisés par les Femmes. Pour cela, Elena se réfère à un épisode l’ayant choqué alors même qu’elle n’était qu’au lycée. Un épisode où Marie Curie était dépeinte comme la « simple assistante de son mari ». Un peu dur pour la seule femme au monde à avoir reçu deux Nobel, n’est-ce pas ? Pourtant, encore aujourd’hui, alors qu’on nous parle sans cesse de parité femmes-hommes, les programmes scolaires ne font que régresser. À ce sujet, on vous conseille d’ailleurs de lire Le grand complot des livres d’histoire contre les femmes par Titiou Lecoq sur Slate. Outre l’invisibilisation des Femmes dans nos manuels d’histoire, on pourrait également parler du fait que jusqu’en 2017, le clitoris était banni des livres de SVT. Image d’archive de la maternité d’Elne En parlant d’histoire, Stephane Wegner s’est directement inspiré d’un fait réel pour expliquer la spécificité du prénom d’Elena. Et oui, si le prénom de la jeune femme ne possède pas de H, ce n’est pas sans raison. Il vient en réalité de la ville d’Elne – Pyrénées Orientales -, où en 1939, Elisabeth Eidenbenz, une infirmière suisse, a monté une maternité pour les réfugiés espagnols. Ainsi, la jeune femme a permis à de nombreuses femmes d’accoucher sans avoir à craindre les conditions horribles des camps de réfugiés. Camps ou, une fois sur deux, une femme mourrait en couche. Cette histoire est d’autant plus importante pour Elena qui tient son prénom de sa grand-mère, née dans cette même maternité. En plus d’avoir apprécié le fait de revenir sur un tel événement, nous avons adoré le fait que, pour ne pas oublier leur passé, ce prénom ait été transmis à chaque génération suivante. Ainsi, même si les livres ne racontent pas leur histoire, elle continue à se transmettre. Enquête sur fond de féminicides En France, le féminicide c’est 113 femmes tuées par leurs conjoints ou ex-conjoints en 2021 et déjà 3 femmes tuées en 24h en 2022. Autant dire, beaucoup trop. Ces failles, Stéphane Wegner en parle en connaissance de cause dans Un Jour sur Trois. En effet, l’auteur travaille depuis 27 ans dans le monde judiciaire. Avec ce roman, il vise donc à montrer les failles du système. Dès les premières pages, on constate combien il est difficile pour une femme de porter plainte quand la police, et plus majoritairement, la justice française manque de sérieux face aux violences faites aux femmes. Ainsi, comme dans la réalité, une femme est renvoyée sans protection à son domicile. Domicile qu’elle n’atteindra malheureusement jamais. On a d’ailleurs apprécié l’alternance de point de vue entre le personnage principal et des situations quotidiennes de femmes en danger. Cela passe par les coups, la manipulation ou l’impossibilité de se défaire de ses relations violentes. Ce dernier point est très bien mis en avant par la femme d’un haut magistrat incapable de s’enfuir sous peine de voir son mari faire appel à ses nombreuses ressources pour la retrouver. Grâce à ce personnage, apparaît aussi une phase préventive, l’une de ses amies la poussant à s’adresser à une association d’aides aux femmes victimes de violences. Par ailleurs, notre regard passe par celui de Marc Amin. Un juge d’instruction parisien particulièrement cartésien en convalescence dans les Alpes du Sud qui va se mêler d’une série de disparitions étranges. Mais quel est le rapport nous direz-vous ? Pour cela, il vous faudra lire le livre car le rapport ne se fait que dans le dernier chapitre ainsi que l’épilogue. Autant vous dire que nous n’avons aucunement l’intention de vous gâcher le dénouement. Tout ce que nous pouvons vous révéler est que Marc Amin est un allié au féminisme. Plongée au coeur de la justice française Plutôt que de s’attarder uniquement sur le féminicide, Stéphane Wagner en profite pour faire le tour des sujets qui fâchent : immigration clandestine, pédophilie, trafiques sexuels. Tout cela, dans le but de montrer combien la justice française peine à avancer. Un passage du livre relatant l’immigration nous a particulièrement marqué. En effet, alors qu’il cherche à découvrir comment des femmes peuvent disparaître sans laisser de traces, Marc Amin est témoin d’une scène violente entre des extrémistes et un migrant. On découvre ainsi qu’afin d’empêcher ces hommes et femmes d’entrer dans le pays, des citoyens lambdas pensent pouvoir remplacer la police. Et évidemment, cela dégénère. Autre sujet sensible en France : le cannabis. Avec Un Jour Sur Trois, Marc Amin n’hésite pourtant pas à évoquer le sujet. Le personnage admet notamment que la pénalisation n’est pas la bonne solution. Mieux, il aborde la question d’un point de vue culturel. Et quoi de mieux dans ce cas, que de comparer la consommation du cannabis à celle de l’alcool ? Pour Marc, « nous ne sommes pas gênés par l’alcool parce que c’est une tradition chez nous et que c’est un secteur économique important alors qu’il tue plus de 40 000 personnes par an, entre maladies et accidents de la route. » Le juge admet également qu’une légalisation du cannabis « assècherait le trafic et permettrait à
Mignonnes : Une bande de filles en quête de liberté
Mignonnes suit cinq pré-adolescentes en quête d’émancipation. Une première réalisation signée Maïmouna Doucouré en salle depuis le 19 août 2020
Endgame : au coeur de l’absurde !
62 ans après sa première anglaise, Endgame se joue jusqu’au 28 mars 2020 sur les planches du Old Vic Theatre. Une pièce toujours d’actualité avec Alan Cumming et Daniel Radcliffe. Depuis le 27 janvier, le Old Vic accueil une nouvelle mise en scène du Endgame de Samuel Beckett par Richard Jones. Dix ans après l’avoir étudié pour le bac, impossible de passer à côté de cette pièce avec Alan Cumming et Daniel Radcliffe dans les rôles de Hamm et Clov. Bonus, la pièce se joue en double avec une interprétation de Rough For Theatre II jusqu’au 28 mars. Les pièces Créé en 1957, Fin de Partie est la seconde pièce de Samuel Beckett. Originellement écrite en français elle a été suivie d’une traduction anglaise sous le nom de Endgame. À travers cette pièce, Beckett met en scène quatre personnages handicapés : Nagg et Nell ont perdu l’usage de leurs jambes dans un accident de tandem, Hamm est aveugle et paraplégique et Clov est incapable de s’assoir. Toute l’action réside donc dans la capacité de mouvement de ce dernier. Pour cette nouvelle production, Richard Jones a confié les rôles de Hamm à Alan Cumming (Spy Kids, The Good Wife, Instinct), Clov à Daniel Radcliffe (Harry Potter, Insaisissable, Swiss Army Man), Nagg à Karl Johnson (Prick Up Your Ears, Mr Turner) et Nell à Jane Horrocks (The Rise and Fall of Little Voice, The Witches). Tout comme Endgame, Rough For Theatre II a d’abord été écrite en français sous le nom de Fragment de Théâtre II. Elle met en scène deux personnes (A et B) tentant de déterminer si un troisième personnage – muet – doit ou non se suicider. C’est d’ailleurs cette dernière que Richard Jones a décidé de présenter en premier au public du Old Vic. Jane Horrocks (Nell) et Karl Johnson (Nagg) dans « Endgame » | © Manuel Harlan Rough For Theatre II : une pièce sur le suicide Dès le lever de rideau, nos regards se posent sur un homme accolé à une fenêtre, dos à nous. Interprété par Karl Johnson, il ne bougera pas d’un pouce, laissant Daniel Radcliffe et Alan Cumming graviter autour de lui. Acteurs qui semblent d’ailleurs camper deux anges chargés de revenir sur la vie de cet humain afin de choisir son destin. Un aspect qui nous a fortement fait penser à l’un des derniers rôles de Daniel Radcliffe. En effet, dans la série Miracle Workers, le jeune homme interprète un ange de bas niveau chargé de recevoir les prières de l’humanité. Ici, il n’est cependant pas question de miracle mais de positionnement quant à laisser un homme mettre fin à ses jours. Si le sujet est grave, Rough For Theatre II revient de façon comique et grinçante sur la condition humaine. Via les dossiers compilés par nos deux anges bureaucrates, on découvre le passé parfois trouble de cet homme, le tout, en restant dans la tonalité de Beckett. Autant dire que ce fragment est aussi grinçants qu’hilarant. On a aussi particulièrement apprécié la façon dont sont mis en scène certains sous-entendus sur l’homosexualité de B. On a d’ailleurs été ravies que cette tâche ait été confiée à Alan Cumming, soit, une figure emblématique LGBTQ. À noter cependant que s’agissant d’un fragment de théâtre, la pièce s’interrompt assez brutalement, ce qui peut laisser perplexe avec une volonté d’en savoir plus. Malheureusement, aucune suite n’arrivera jamais. Intrigué ? Sachez que vous pouvez la retrouver à la suite de Pas dans une publication des éditions de Minuit. De gauche à droite : Karl Johnson (C), Daniel Radcliffe (A) et Alan Cumming (B) dans « Rough For Theatre II » (Samuel Beckett) | © Manuel Harlan Endgame Trois ans après avoir vu Daniel Radcliffe dans Rosencrantz et Guildenstern are Dead, le voici de retour sur les planches du Old Vic. Trois années durant lesquelles nous avons nourri l’espérance que l’une de ses prochaines productions dans le West End soit Endgame. C’est aujourd’hui chose faite ! Et on peut vous assurer que nous ne nous étions pas trompées quant à nos attentes ! En effet, Clov est parfaitement taillé pour cet acteur non effrayé par le ridicule. Dans cette pièce, vous le verrez monter et descendre un escabeau de façon ridicule ou encore s’asperger de talc jusque dans le pantalon. Le tout, montrant parfaitement le talent comique du jeune homme ! Face à lui, Alan Cumming interprète Hamm avec brio. Affublé de jambes factices donnant l’impression qu’il est particulièrement sous alimenté, l’acteur nous laisse pendu à ses lèvres. Et si nous avions peur de son accent irlandais, Cumming l’a complètement gommé, rendant ses paroles parfaitement compréhensibles. On s’est alors pleinement concentré sur la pièce et ce duo qui fonctionne à merveille. Avec eux, on rit, on se tend, on attend que « quelque chose suive son cours », et pourtant, rien ne vient. Car c’est aussi cela Beckett. L’attente d’un dénouement qui ne viendra jamais, laissant chacun imaginer ce qu’il souhaite. Alan Cumming (Hamm) et Daniel Radcliffe (Clov) | Old Vic Theatre | © Manuel Harlan À noter que si la pièce a soixante-trois ans, Endgame n’a pas prit une ride. En effet, on peut toujours s’identifier à Hamm et Clov. Hamm, comme un homme reclu et aux paroles sarcastiques. Clov, comme un homme désireux de quitter son « maître » sans jamais le pouvoir. On peut également replacer ce contexte post seconde guerre mondiale dans un contexte de terrorisme. On pourrait aussi vous parler du COVID-19 qui nous oblige à rester dans nos appartements sans trop savoir ce qui se passe à l’extérieur, mais ceci est une autre histoire ! Nos conseils Histoire d’avoir les deux pièces en tête le jour de la représentation, n’hésitez pas à (re)lire Fin de Partie et Fragment de Théâtre II. Nous ne connaissions pas la seconde et cela nous a vraiment permis de profiter pleinement de la mise en scène ainsi que du jeu des acteurs sans incompréhension. Concernant Endgame, on vous recommande davantage une version bilingue. En effet, après notre sortie du théâtre, nous nous sommes rendues compte que si certains jeux de mots fonctionnaient uniquement en français, il en va de même en anglais. Si vous ne voulez rien manquer, mieux vaut donc lire la pièce dans sa version anglaise. Côté tarif, le Old Vic est un théâtre particulièrement abordable. En effet, l’entrée de gamme est à £8,50 (≃10€). Vous pourrez également trouvez des places entre £12,50 (≃15€) et £20 (≃ 23,50€). Attention cependant à ces places qui
Dark Waters : Des lobbys intouchables
Inspiré de faits réels, Dark Waters revient sur l’empoisonnement de la population par l’entreprise DuPont. Une réalisation signée Todd Haynes avec Mark Ruffalo dans le rôle de Robert Bilott.
Parée pour percer : Immersion dans le rap
Parée pour percer, le second roman autour du rap d’Angie Thomas. Dans Parée pour percer, Angie Thomas prolonge le plaisir de son premier roman. Après Starr, c’est au tour de Bri de faire entendre sa voix. Au programme, rap et une importante dose de harcèlement envers les minorités. Le rap au coeur du roman Premier très bon point de Parée pour percer : son traitement du rap. Angie Thomas maîtrise le sujet et nous montre comment Bri décompose tout ce qui lui arrive en mots et syllabes. Cela passe d’ailleurs par l’inclusion de vers dans le récit, ce que nous avons trouvé très rafraîchissant. L’objectif de Bri ? Percer dans le milieu, et ce, coûte que coûte. Et la musique, elle l’a dans le sang, puisqu’on lui rabâche sans cesse qu’elle est la digne héritière de son père. Parée de paroles percutantes, l’adolescente va cependant être rapidement confrontée aux limites de compréhensions de la société. En parallèle, l’adolescente fait affaire avec un manager peu scrupuleux affirmant qu’il faut « toujours être acteur pour réussir ce qu’on veut« . Évidemment, avec un personnage comme Bri, les références au rap sont quotidiennes. Désireuse de rejoindre la programmation du Ring où ont lieu des battles, la jeune fille suit le parcours des artistes s’y produisant via les réseaux. Grâce à sa tante, elle a également une très bonne culture musicale concernant le rap US. Et on ne parle pas essentiellement des pointures masculines puisque la demoiselle est aussi fan de Cardi B et Nicki Minaj. Au coeur de la pauvreté Si Angie Thomas nous avait proposé de suivre le parcours d’une adolescente dont les parents n’avaient aucune difficultés financières dans son premier roman, elle s’attaque ici à son opposé. Nous sommes d’ailleurs mis en garde dès le premier chapitre qui nous explique que « le gaz a été coupé » la semaine précédente, qu’il leur faut « faire bouillir de l’eau pour prendre un bain » ou qu’ils ont du « ajouter des couvertures dans leurs lits ». Avec cela, les bases sont posées. Ajoutez à cela que Jay, la mère de Bri est une ancienne toxico et vous comprendrez comment les choses ne peuvent que s’envenimer. En effet, après avoir perdu son emploi, il est difficile pour elle de joindre les deux bouts. L’aîné, Trey, a préféré un emploi dans une pizzeria plutôt que la poursuite d’études prometteuses et Bri deal des bonbons dans l’espoir de pouvoir acheter une nouvelle paires de chaussures. Avec Parée pour percer, vous n’aurez donc pas affaire à un livre tout gentillet sur une adolescente rêvant de devenir une star. Parce que si Bri, rêve de gloire, c’est aussi dans le but de promettre à sa mère un avenir où l’argent n’est plus un souci. Un avenir ou les coupures de gaz et d’électricité n’existent pas et où la nourriture ne manque jamais. Récurrence des thèmes En lisant Parée pour Percer on se rend compte d’à quel point ce nouveau roman s’inscrit dans la continuité de The Hate U Give. Mais pas d’inquiétude, si un écho est fait à certains événements, le récit est complètement indépendant. Vous pouvez donc vous y plonger sans avoir lu – ou vu – The Hate U Give. À nouveau, Angie Thomas nous entraîne à Garden Heights. Et qui dit Garden Heights dit guerre des gangs. Là où nous avions découvert les Crowns avec King, l’oncle de Starr, cette fois, c’est du côté des Garden Disciples que les choses se passent. En effet, Pooh, la tante de Bri étant dealeuse pour les GD, tous vivent dans la peur qu’elle se fasse arrêter ou tuer. Le rapport aux armes et lui aussi remit sur le tapis. Outre les mentions au meurtre du meilleur ami de Starr, la question revient sous une nouvelle forme : son utilisation par des civiles. Ainsi, Angie Thomas nous confronte frontalement à la distinction faite selon la couleur de peau d’une personne en usant. Harcèlement des minorités Tranchant, Parée pour Percer évoque avec justesse le traitement des minorités au sein même du système éducatif. Un fait important puisque, malgré la non présence de policier – comme c’est le cas dans certains établissements -, Bri et ses camarades se font quotidiennement malmenés. De l’obligation à repasser sous le détecteur à la fouille récurrente des sacs en passant par des exclusions de cours, voir, de l’établissement pour des motifs insignifiants, Bri subit une oppression constante. Sans parler du fait que l’école préfère se positionner du côté de ses employeurs plutôt que d’avouer la vérité. Un fait qui va encore une fois causer du tord au minorité au lieu de condamner un comportement persécuteur. « Pendant que certains et certaines parmi nous ont peur de l’impact que des chansons pourraient avoir sur nos enfants, d’autres parents sont terrifiés à l’idée que ceux et celles qui sont censés protéger leurs enfants pourraient leur faire du mal. » Jay(p356-357) Vous avez-lu Parée pour Percer, qu’en pensez-vous ? Si ce n’est pas le cas, ce livre vous tente-t-il ? Vous avez Pinterest ? N’hésitez pas à partager l’article !
Deluxe ensoleille l’Aéronef de Lille
Deluxe offre un concert survolté et haut en couleurs à l’Aéronef. Si l’automne est bien installé, le 7 novembre dernier, les aixois Deluxe ont eu à coeur d’amener un rayon de soleil dans le nord. Retour sur cette soirée entre humour, amour et ambiance survoltée à l’Aéronef de Lille ! Deluxe – Aéronef, Lille – 2019 [photo by Raine] Toukan Toukan : L’oiseau timide Avant l’arrivée de Deluxe, l’ouverture de la soirée a été confiée à Toukan Toukan. Malgré leur nom rappelant l’animal tropical, leurs vêtements, eux, avaient davantage des airs de tigre. Entre quelques feuillages parsemés sur scène, le duo a enchaîné les titres aux sonorités électroniques. S’est même glissée une reprise d’un succès des années 80 : Voyage Voyage (Desirless). Face à un public arrivant au compte goûte, leur timidité leur a joué des tours. Un aspect qui n’a pas permis à l’Aéronef de vraiment se chauffer, les conversations montant fortement à l’arrière de la salle. Deluxe : De l’humour, de l’énergie et de l’amour Avec leur Boys & Girl Tour, Deluxe fait preuve d’art de la mise en scène. Alors que leur célèbre moustache trône en hauteur sur fond blanc, tels des artistes de cirque, Liliboy, Kaya, Kilo, Pépé, Pierre et Soubri sont entrés par le biais d’une ouverture au centre du décor. Simple, efficace et reflétant à merveille leur amour pour les acrobaties. Comme à son habitude, Pépé et son saxophone ont réjouit la foule, l’homme déambulant d’un bout à l’autre de la scène avant de se laisser porter pour un petit tour en fosse. Plus tard, c’est Liliboy que l’on a retrouvé allongée sur un piano blanc, Pépé jouant la superbe mélodie de Forward. Un concert de Deluxe reste avant tout une communion avec leur public. De leur entrée en scène à la fin du show, l’engouement de l’Aéronef n’est jamais redescendu. Au gré du concert, reprises en choeur des mélodies – Pony -, refrains – Boys & Girl, Get Down, Oh Oh – et claquements de mains accompagnent les morceaux. Deux spectateurs ont même eu droit de venir danser sur scène avec le groupe. Complices, les six saltimbanques sont également venus interpréter un titre au beau milieu de la foule assise afin que tout le monde puisse en profiter. Moment qui nous a ramené à leur concert sauvage devant la Cathédrale Notre-Dame-de-la-Treille quelques années plus tôt. Centré autour de Boys & Girl (2019), le set n’a en rien délaissé les fans de la première heure. De My Game à Superman en passant par Pony, Deluxe nous met en joie, proposant même un medley composé de titres moins connus. Liliboy nous aura d’ailleurs bien fait rire en annonçant Bleed On, morceau évoquant les menstruations avant de s’écrier « vivement la ménopause ! ».Pour clore cette date lilloise en beauté, Deluxe nous a offert un inédit qui a immédiatement eu son petit effet. Plus dans l’esprit rock, la foule s’est largement prêtée au jeu en reprenant les « lalala » en choeur lorsque demandé. https://www.youtube.com/watch?v=jzl3GQcVpZ4 Désormais, on espère qu’une chose, voir Deluxe à l’affiche du Main Square Festival 2020. Et vous, avez-vous déjà eu l’occasion de voir Deluxe en concert ?
Matthias & Maxime : Retour aux sources
Avec Matthias & Maxime, Xavier Dolan nous offre une épopée de l’amitié qui ne nous a pas laissé indifférentes. Un huitième film sortit le 16 octobre. À trente ans l’acteur et réalisateur québécois Xavier Dolan revient avec Matthias & Maxime. Une huitième réalisation où amitié, remise en question et changements côtoient un véritable retour aux sources qui ne nous a pas laissé de marbre. On vous dit pourquoi ! Retour aux sources Dix ans après J’ai tué ma mère, Xavier Dolan revient aux sources avec Matthias & Maxime. Si certains le considèrent déjà comme un nouvel ego trip sans émotions ni originalité, ce n’est en rien notre avis. En effet, cette réalisation nous a réconcilié avec le cinéma de Dolan. Un cinéma oscillant entre hypersensibilité, tensions et esthétisme. Ici, les émotions sont palpables, les relations complexes et si proches de la réalité. Évidemment, si la brutalité de la relation mère-fils est toujours présente, Dolan la traite sous un nouveau jour. En plus de la gestion d’une mère violente dont il est le tuteur, Maxime se voit confronté à l’absence de son frère. Bonus, le réalisateur repasse derrière la caméra, ce qui n’était plus arrivé depuis Tom à la ferme (2013). Si elle est bien présente, la thématique de l’orientation sexuelle est sous-jacente afin de privilégier l’amitié de la petite bande. Le film se centre aussi sur le besoin de changement ainsi que la remise en question de certains personnages. La photographie Entouré de son complice de toujours, André Turpin – cinématographe et directeur photo-, Xavier Dolan nous offre un visuel particulièrement représentatif de leur collaboration. Aspect qui nous a toujours fasciné chez Dolan et nous a bien évidemment conquit durant les 1h59 de Matthias & Maxime. Des plans de dos en passant par ceux rapprochés ou bien décentrés, toute l’imagerie caractérisant le cinéma du réalisateur canadien est là ! Petit à petit, l’ambiance estivale, sa liberté et ses rires laissent place à la mélancolie de l’automne, sa pluie et ses feuilles virevoltantes. De Matthias & Maxime, on retient une scène entre les deux protagonistes contre une bâche donnant un magnifique aspect visuel ainsi qu’une séquence où la musique nous enveloppe dans la détresse de Matthias tandis que l’eau nous submerge. Miroir de nos vies Dix ans désormais que nous grandissons avec le cinéma de Xavier Dolan. Dix ans que ses films particulièrement proches de la réalité nous confrontent à la société. Avec lui, ce sont nos relations familiales complexes (J’ai tué ma mère) ou encore une transition (Laurence Anyways) qui nous remémorent nos propres chemins de vie. Matthias & Maxime ne fait pas exception à la règle puisque nous prenons de plein fouet notre vécu. Nous même trentenaire – ou presque -, on comprend les envies de changements de Maxime pour les avoir également en tête. Ainsi, toute la démarche autour du questionnement nous parle. Évidemment, impossible de rester de marbre face aux disputes entre Maxime et sa mère ainsi que ses silences tendus entre le jeune homme et Matthias ou son frère. Heureusement, les instants complices du groupe d’amis contrebalancent complètement avec l’aspect endolori et pesant du quotidien. À leurs côtés, on se replonge dans nos propres soirées, riant de plus belle à chaque réplique. On s’identifie alors davantage à Maxime dont l’entourage semble lui faire oublier les tracas au sein de son foyer. Au final, Matthias & Maxime est une véritable ode à l’amitié avec ses bons et mauvais côtés. Dans tous les cas, impossible de ressortir indemne de cette séance. Le film du changement ? Avec l’arrivée de sa trentaine, Xavier Dolan a admis durant l’avant première lilloise à l’UGC être en constante remise en question. Un fait qui transparaît particulièrement dans Matthias & Maxime. Quand Maxime compte s’envoler vers de nouveaux horizons, Matthias a ses propres remises en question. Suite au baiser échangé durant l’été avec Maxime, Matthias remet complètement leur amitié en question. Il s’interroge également sur la possibilité de prendre des distances avec sa propre bande d’amis. Au sortir de Matthias & Maxime, une pensée persiste dans nos esprits : l’impression que la boucle est bouclée. On espère désormais que l’avenir du québécois nous réservera encore bien des surprises. Matthias & Maxime, une histoire émouvante que l’on vous conseille d’aller voir si ce n’est pas déjà fait ! Si c’est le cas, qu’en avez-vous pensé ?